UNITED/ROCKWELL: LE FEU VERT DES AUTORITÉS NE VA PAS DE SOI

UNITED/ROCKWELL: LE FEU VERT DES AUTORITÉS NE VA PAS DE SOI

par Tim Hepher, Alwyn Scott et Diane Bartz

PARIS/NEW YORK/WASHINGTON (Reuters) – La route est encore longue pour que United Technologies obtienne le feu vert des autorits de la concurrence l’achat de Rockwell Collins, tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

Les deux quipementiers aronautiques affirment que peu de leurs produits sont similaires mais les opposants ce rapprochement de thirty milliards de pounds (25,two milliards d’euros) pourraient arguer du fait que leur production cumule leur confre une part de march extreme.

Boeing a annonc mardi qu’il tudierait de prs le projet. “Jusqu’ ce que nous obtenions plus de dtails, nous doutons que ce soit dans le meilleur intrt de – ou que cela ajoute de la valeur pour – nos clientele et le secteur”, a-t-il dclar dans un communiqu.

L’entit challenge de la fusion pourrait construire, en valeur, plus de la moiti des quipements d’un Boeing 787, relve Kevin Michaels, prsident du advisor AeroDynamic Advisory, voquant des composants comme les systmes de contrle de vol et la climatisation. Il ajoute que, du position de vue de la concurrence, l’opration devrait passer sans peine automobile, sur le papier, les produits des deux groupes sont diffrents.

Le titre Rockwell a cltur en hausse de ,3% 131 pounds mardi la Bourse de New York, tandis qu’United Tech a lch five,seven% 111,21 pounds, en raison notamment de la raction de Boeing.

En coulisses, Airbus se prpare semble-t-il faire monter la pression. Une source proche du constructeur europen a dclar Reuters qu’il y avait des interrogations quant une “dconnexion” entre United Tech et la posture dominante de son motoriste Pratt & Whitney.

Une autre source chez l’avionneur a voqu le fait que les nouvelles priorits induites par la procdure de fusion pourraient profiter au principal concurrent de Pratt & Whitney, savoir CFM Intercontinental, coentreprise de l’amricain Basic Electrical et du franais Safran.

Les problmes rencontrs par Pratt & Whitney se sont traduits par des retards de livraison d’avions en Europe et Airbus a publiquement enjoint United Tech de livrer ses moteurs dans les temps.

Si Boeing ou Airbus choisissent de saisir les autorits de la concurrence, ils peuvent s’adresser la Commission europenne et soit au dpartement de la Justice amricain soit la Commission fdrale du commerce (FTC).

“Beaucoup pensaient que ce ne serait qu’une basic formalit en raison des moindres redondances mais l’enqute de l’Union europenne pourrait s’avrer difficile, simplement en raison de la taille du nouveau groupe”, explique Nick Cunningham, analyste chez Agency Partners.

Boeing pourrait galement s’inquiter de l'”effet de portefeuille”, caractrisant l’influence que peuvent exercer des entreprises du fait qu’elles vendent une significant gamme de produits spcialiss certains clientele.

C’tait l’argument qui avait t utilis pour faire capoter le projet de rachat de Honeywell par Basic Electrical, encore que l’chec ait t davantage imputable aux rgulateurs europens qu’ leurs homologues amricains.

Boeing ou toute autre socit concerne pourraient aussi plaider une dperdition de concurrence du fait de la fusion. Ce serait le cas si les autorits prouvaient qu’United Tech ou Rockwell projetaient de se dvelopper afin de se concurrencer l’un l’autre, explique l’avocat James Tierney, ex-skilled du dpartement de la Justice amricain.

Les autorits de la concurrence pourraient galement tiquer face la diminution du nombre d’intervenants dans le secteur s’il ne restait plus que quelques socits, parmi lesquelles United Tech et Rockwell, auxquelles Boeing ou Airbus pourraient faire appel en cas de problmes techniques, ajoute James Tierney.

Et ce position prendrait d’autant plus d’importance si le dpartement de la Dfense le jugeait fond, dit-il.

Le dpartement de la Justice et la FTC tudient tous les deux les projets de fusion pour s’assurer qu’ils respectent le droit de la concurrence. On overlook pour l’instant lequel de ces deux organismes sera charg du file, prcisent des gurus.

(Catherine Mallebay-Vacqueur pour le services franais, dit par Wilfrid Exbrayat et Marc Joanny)

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