LES MÉTIERS DE DEMAIN (5/5). Longtemps un simple loisir, les drones sont désormais de furthermore en furthermore utilisés dans l’agriculture ou la development. Éric et Jérôme, pilotes de drone, travaillent chez Azur drones, une petite société qui développe cette activité.

Deux hommes et un drone. Éric Coppin et Jérôme Leroux ont la charge de piloter un « octocoptère ». L’appareil pèse une dizaine de kilos et vole grâce à huit petites hélices, entraînées par des moteurs électriques. « Ce système offre une grande sécurité. Si un moteur s’arrête, on ne perd pas l’engin », explique Éric. Sous le drone, une nacelle transporte une caméra à haute définition.

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Éric et Jérôme travaillent en équipe pour Azur drones, une entreprise qui a trois ans à peine et qui vend ses products and services aux professionnels. Les octocoptères d’Azur servent pour des inspections d’ouvrages, des prises de vue aérienne. Aujourd’hui, l’engin vole sur la plage de Dieppe, en Seine-Maritime. Les deux opérateurs ont mission de recueillir des visuals de la falaise crayeuse qui surplombe la mer, pour en étudier l’érosion.

Silencieux et steady

Sur la plage, les deux opérateurs ont établi un périmètre de sécurité autour de la zone de décollage. Ils portent casque et gilet fluorescents. Et même si l’engin est tout petit, sa présence fait sensation. Il s’élève silencieusement, puis vole avec une impressionnante stabilité. Il se tient à eighty m de la falaise, mais cela suffit pour capter des détails de 2 cm. Chaque vol dure 15 minutes. « Même avec un vent de 35 km/h, le drone peut voler. Mais pas furthermore », indique Éric.

Parmi ses meilleurs souvenirs, il évoque celui du survol du Stade de France. « Mais ce n’est pas tous les jours comme ça. Parfois on fait des décharges publiques. Là, c’est moins drôle… »

Éric Coppin et Jérôme Leroux sont complémentaires. Le premier pilote l’engin à l’aide d’une petite console. Le second vérifie la qualité des données recueillies, puis les traite, une fois enregistrées. C’est même l’essentiel de son travail. À partir des visuals filmées, il va produire une représentation de la falaise en graphic de synthèse, en trois proportions.

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Puis en comparant cette représentation à une autre, furthermore ancienne, il fera apparaître en couleur les blocs de falaise qui ont été emportés. Ainsi, les scientifiques et les pouvoirs publics auront une vue précise. Ils pourront décider s’il faut interdire l’accès à certaines plages, ou entreprendre des travaux.

Cette étude se faisait auparavant avec un laser, en avançant à pied le long des falaises. « Grâce au drone, on va beaucoup furthermore vite et c’est moins cher », dit Jérôme. Trois heures suffisent pour avoir un relevé d’un kilomètre de falaise…

« J’ai fait de ma passion mon métier »

Éric, 59 ans, est venu à cette vie après un parcours professionnel déjà bien rempli, dans la sécurité informatique. Pour lui, c’était plutôt une activité alimentaire. Et son loisir, c’était le modélisme. « Au minute de l’explosion du drone, il y a trois ans, j’y ai vu une opportunité pour moi. » Il est devenu l’un des premiers « télé-pilotes » d’Azur. « J’ai fait de ma passion mon métier », dit-il. L’inconvénient de cette activité est le temps passé en déplacement. Les journées de prise de vue s’enchaînent et peuvent le conduire dans tous les coins de France. Mais alors que le domaine est nouveau, il apprécie de devoir sans cesse chercher le moyen de tirer le meilleur parti de chaque vol.

La réglementation est stricte. Pour pouvoir diriger un drone à voilure tournante (du kind de l’octocoptère), il faut un brevet de pilote d’ULM, qui valide un bagage théorique, puis une development pratique, assurée dans l’entreprise. Il existe une autre catégorie de drones, à voilure fixe. Il ressemble à un petit avion qui va furthermore loin, hors de la vue du télé-pilote, jusqu’à ten km. Pour avoir le droit de l’utiliser, il faut un brevet de pilote d’avion et cent heures de vol confirmées. Éric possède aussi cette qualification.

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Jérôme, 30 ans, a un parcours très différent. Scientifique de development, il effectuait une thèse en géomorphologie et a appris à maîtriser les logiciels de représentation du aid. Il s’est spécialisé dans le traitement d’images. Ce travail informatique peut prendre jusqu’à vingt jours pour une journée de prise de vue. Et lui aussi apprécie de voir continuellement de nouveaux domaines s’ouvrir aux drones.

« Nous avons sans cesse des demandes pour faire des choses nouvelles », constate-t-il. Certaines sont très sérieuses, d’autres furthermore fantaisistes. Un exemple ? « Un customer a voulu qu’on lui livre une bouteille de champagne avec un drone sur une plage de Croatie. Nous l’avons fait… »

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Devenir télé-pilote

La réglementation. L’utilisation de drones est très réglementée. Un télé-pilote doit détenir un « certificat d’aptitude théorique » délivré par l’aviation civile, voire une licence de pilotage pour un drone volant hors de sa vue.
Le drone doit par ailleurs disposer d’un certificat de navigabilité et, pour voler dans une zone peuplée, il faut une déclaration préalable en préfecture.
Sur le modèle des aéro-golf equipment, il existe désormais de nombreuses formations privées qui démarrent aux alentours de three 000 €.

Le salaire. Un télé-pilote est payé entre 30 000 € et 60 000 € par an selon sa qualification. Fin 2016, la France comptait déjà furthermore de three 000 télé-pilotes professionnels, mais le secteur est en practice de se structurer et devrait voir émerger quelques acteurs dominants.

Alain Guillemoles (à Dieppe)

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